« Un amoureux des arbres : Dominique DAGUET » par Marie-Louise BERNARD-VERAN (Libre Belgique)

Rédigé le Mardi 25 Avril 2017 à 10:55 | Lu 147 fois


Aux Midis de la Poésie en 1987 : Dominique DAGUET venait de publier un livre sous le titre « Arbre, mon image ». Autant de textes que de
photographies. Luc Norin, amie de l'auteur, suggéra à Marie-Louise BERNARD-VERAN de la Libre-Belgique, elle-même aimant les arbres, d'inviter l'auteur pour qu'il parle de ses « amis » devant un impressionnant public, accompagné bien entendu de ses photographies, au prochain « Midis ». L'auteur fut enchanté de cette proposition, car il connaissait depuis longtemps l'importance de cette institution... Il en résultat un si bel article dans la Libre-Belgique que l'auteur, ayant par hasard retrouvé vingt-ans plus tard la copie de ce texte, ne put que vouloir l'insérer sur son site Parvis des Alliances...


« L’homme se voit en lui comme dans un miroir »

Dominique Daguet au Marché de la Poésie en juin 2009
Dominique Daguet au Marché de la Poésie en juin 2009

« Arbre, mon image »

 

Il arrive que les Midis de la Poésie suscitent chez leurs conférenciers une démarche nouvelle. Ce fut le cas de la demande faite à Dominique Daguet de parler poésie sur ses œuvres de photographe. Car ce poète, animateur au sens profond du terme, créateur-directeur de Centres culturels, d’abord à Villeneuve-sur-Lot puis à Troyes en Champagne, fondateur de la revue « Cahiers Bleus », organisateur de récitals poétiques est, fondamentalement… un amoureux des arbres : depuis des années il les photographie, en artiste épris de symbolique et de fantastique.
 

Un dialogue créateur d’unité

 

Pourtant, Dominique Daguet n’avais jamais encore joint ses photos et ses diapositives à des thèmes consacrés à l’arbre. Il a préparé ce Midi par un long travail de recherche esthétique, philosophique et mystique des connivences. Il a confié la lecture des poèmes choisis à l’excellent et sensible comédien Julien Roy. Jusqu’au 22 novembre, on peut voir dans le hall de la cafétéria du Musée d’Art ancien une quarantaine de photos de Dominique Daguet.

 


Plutôt qu’une conférence, ce fut une heure d’effusion dans un climat exceptionnel de simplicité, de fraicheur et d’abandon. Elle aboutit à un sommet de spiritualité avec le texte de Péguy sur le bois de la Croix, l’Arbre de Grâce

D’emblée, les arbres imposèrent leurs vérités : les photos se succédèrent, d’abord en silence puis en accompagnement à la mélodie du texte, très riche, de Dominique Daguet, et des poèmes. L’on écouta un dialogue créateur d’unité. Point de construction linéaire mais la belle logique d’une spirale : englobant homme et la nature, elle les aspire de l’instant et du passager à la permanence et l’éternité.

 

Configurés à la Beauté

 

On entendit l’interrogation de Pierre Seghers : « Quel est cet homme universel qui se cache dans les racines ? »  À un poème de Georges Schéhadé succéda le texte de Desnos contant « la feuille avec ses lignes… les racines ; vigne de la vie ». Verhaeren évoqua « l’arbre qui se plante, comme un exemple, dans la splendeur ». Jules Renard, sachant « regarder, rester en place et se taire », se reconnut « de la famille des arbres ». Maeterlinck appela les jeunes filles dans la forêt. Après Maurice Fombeur et Patrice de la Tour du Pin, Supervielle s’adressa aux arbres, « ses frères et ses sœurs »

 

 

Dominique Daguet sut, sans littérature comme sans effort, faire de ce sujet à la fois un spectacle et un chant humain tantôt en mineur, tantôt en majeur. Il lia l’arbre à l’homme, de l’enfance qu’il protège, angoisse, enchante, à la mort qu’il symbolise de façon noble et bouleversante. On entendit et vit les ravages de la tempête et ceux de l’homme, l’envahissement des eaux, les silences de la neige. On fut sensible à toutes les lumières des saisons et, au fait que la conclusion fut donnée par le printemps. On fut saisi par les étrangetés des arbres et leur anthropomorphisme. Pour Daguet, leurs « paroles » ont enseigné aux Celtes langage et chansons. Et de conclure : « L’arbre nous configure à la beauté pour peu que nous tenions à la dignité ».

 

Marie-Louise BERNARD-VERAN  (M.-L. B.V. Libre-Belgique) 


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